COVID-19 : Ce que nous savons, ce que nous ignorons et ce que cela signifie

Par Jeff Elliott, Ph. D, CFA

Cette situation est sans précédent, tant du point de vue de la santé et du bien-être de la population que de l’évolution des marchés. Les choses évoluent rapidement et beaucoup de renseignements qui circulent sont erronés, ou incomplets. Il est souvent difficile de mettre les choses en perspective, alors les informations relatives à de potentiels cas de réinfections en Corée ou aux répercussions d’un test positif de dépistage des anticorps, par exemple, sont souvent dénuées de contexte ou exagérées.

Le but de cet article est d’examiner ce que nous savons à propos du SARS-CoV-2 (le virus) et la COVID-19 (la maladie) et ce que nous ignorons à leur sujet, la façon dont nous les abordons, tant comme société que comme êtres humains, du point de vue des politiques de santé publique.

Voici ce que nous SAVONS de la situation actuelle :

Il s’agit de la plus importante crise de santé publique à laquelle la plupart d’entre nous auront été confrontés au cours de leur vie, et cette crise ne prendra fin que lorsqu’un vaccin aura été développé ou que l’ensemble de la population aura acquis une immunité naturelle. La bonne nouvelle, c’est que nous sommes mieux outillés pour faire face à cette crise, tant d’un point de vue scientifique que clinique, que nous ne l’avons jamais été dans l’histoire de l’humanité. Les connaissances sur la génétique, la biologie moléculaire et la médecine sont beaucoup plus avancées qu’elles ne l’étaient il y a 5 à 10 ans, voire 100 ans. Compte tenu de la technologie, des connaissances et des ressources consacrées à la COVID-19, il y a de nombreuses raisons d’être optimiste.

Voici ce que nous IGNORONS de la situation actuelle :

Nous ignorons quand les choses « reviendront à la normale » et, en réalité, c’est tout ce qui nous importe. En tant que grands-parents, vous voulez savoir quand vous pourrez reprendre vos petits-enfants dans vos bras. Si vous travaillez de la maison en compagnie d’enfants de 10 et 7 ans, vous voulez savoir quand vous pourrez retourner au bureau. Bon nombre de personnes veulent simplement savoir quand elles pourront de nouveau partir en voyage.

Les marchés quant à eux souhaitent savoir à quel moment l’économie sera relancée et atteindra la stabilité. L’autre grande inconnue, soit le prix économique à payer pour venir à bout de cette pandémie, devra être évaluée par les marchés.

Il y a un peu plus d’un mois, à Signature, nous estimions que les prévisions des marchés étaient beaucoup trop pessimistes compte tenu de ce que nous connaissions de la maladie. Or, nous croyons maintenant que l’optimisme qui prévaut à l’heure actuelle est peut-être un peu exagéré. Nous croyons que la volatilité se poursuivra et qu’elle dépendra de la façon dont nous arriverons à contenir le virus.

SARS-CoV-2 (le virus)

Il est essentiel d’aborder avant tout la question du virus, car c’est grâce à lui que nous en apprendrons davantage à propos de la maladie, ce qui nous permettra de mettre en place les politiques de santé publique nécessaires et, en fin de compte, de déterminer la nature des répercussions économiques et la façon dont les marchés réagiront à celles-ci.

Ce que nous savons Ce que nous ignorons
Il s’agit d’un membre de la famille des coronavirus, qui est probablement passé des chauves-souris aux humains l’automne dernier. Il s’apparente au SRAS. Comment empêcher le virus d’infecter les cellules humaines et bloquer sa réplication.
Le taux de mortalité est inférieur à celui du SRAS et du SRMO, mais il se propage plus facilement (transmission présymptomatique importante). Quel est son mode de transmission, qui sont les vecteurs et quels environnements sont les plus propices.
Le virus est stable d’un point de vue génétique et on ne prévoit pas de mutation, donc il ne serait pas nécessaire de produire régulièrement de nouveaux vaccins. La façon dont notre système immunitaire réagira au virus. L’immunité acquise sera-t-elle nature temporaire ou permanente?
Dans quelle mesure la population bénéficie d’une immunité collective (50 à 70 % de la population doit être immunisée).

Notre réaction immunitaire au SARS-CoV-2 est d’une importance capitale, car pour venir à bout de la pandémie, le pourcentage de la population étant immunisé doit être suffisamment élevé pour freiner la transmission du virus et pour que celui-ci disparaisse de lui-même. Il n’y a que deux façons d’y arriver : 1) un vaccin est mis au point et mis à la portée de tous, ce qui risque de prendre plus d’un an, ou 2) suffisamment de personnes contractent la maladie et retrouvent la santé pour que nous puissions atteindre une immunité collective.

Le seul moyen de savoir à quel point nous approchons de l’immunité collective est de tester suffisamment de personnes pour avoir une idée précise du degré de propagation du virus. Selon les estimations actuelles, entre 1 % (dans les zones relativement épargnées par le virus) et 20 % (dans les zones durement touchées) de la population pourrait présenter des anticorps.

COVID-19 (la maladie)

Contrairement au virus, à propos duquel nous possédions déjà un certain nombre de connaissances en raison de la similitude entre le SARS-CoV-2 et le SRAS, nous en savons toujours bien peu à propos de la maladie elle-même.

Ce que nous savons Ce que nous ignorons
Les symptômes et le taux de mortalité sont beaucoup plus importants que ceux de la grippe. Le véritable taux de mortalité dans la population en général (trop peu de tests effectués, accent mis sur les personnes les plus atteintes).
Les personnes âgées et celles présentant des comorbidités (p. ex., maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), diabète, obésité et maladies cardiovasculaires) souffrent de complications plus sérieuses. La gamme complète des répercussions possibles de la COVID-19 sur le corps humain. Nous avons mis l’accent sur les problèmes respiratoires, mais la maladie peut s’attaquer à l’organisme de différentes façons.
Jusqu’à maintenant, les traitements proposés n’ont eu que peu d’effet sur l’évolution de la maladie. Bien qu’on s’emploie à mettre au point plusieurs traitements et vaccins à l’heure actuelle, nous ignorons toujours comment traiter la maladie.

Les premiers médicaments soumis à des essais cliniques et pour lesquels nous avons commencé à obtenir des résultats avaient à l’origine été conçus pour d’autres virus ou problèmes de santé. Parmi ceux-ci, les premiers et sans conteste les plus connus sont les médicaments antiviraux repositionnés comme l’hydroxychloroquine (un médicament antipaludique) et le remdesivir du laboratoire Gilead (d’abord conçu pour la maladie à virus Ebola, sans succès). Selon les données préliminaires, les deux ont des effets positifs modérés, sans qu’on puisse parler de cure miraculeuse.

Nous commençons également à obtenir des résultats pour des médicaments biologiques approuvés et hautement sophistiqués (p. ex., le traitement par ACTEMRA® de la compagnie Roche et le traitement par KEVZARA® de la compagnie Sanofi) conçus pour traiter les complications sévères de la maladie, comme l’inflammation et les dommages causés aux poumons. Comme pour les médicaments antiviraux, les données préliminaires indiquent que ces médicaments pourraient s’avérer utiles dans le cas des formes sévères et critiques de la COVID-19, sans toutefois nous donner l’impression que nous avons les choses en main.

L’approche la plus prometteuse (à notre avis du moins), et celle sur laquelle nous misons nos espoirs, repose sur la production d’anticorps recombinants contre le virus. Grâce à l’injection de ces anticorps fabriqués, il devrait être possible de conférer une immunité fonctionnelle à un individu, ceux-ci offrant somme toute la même protection que celle que nous conférerait naturellement notre système immunitaire après que nous ayons été vaccinés, ou encore après que nous soyons guéris de la maladie. Nous croyons que cette approche pourrait avoir un impact significatif, surtout pour les populations à haut risque (p. ex., travailleurs de la santé, personnes âgées vulnérables), et pourrait servir de tremplin pour la mise au point d’un vaccin.

Les traitements médicaux pourraient également devenir suffisamment performants pour que nous assistions à une atténuation des effets de la maladie. Par exemple, des données commencent à circuler indiquant qu’une bonne partie des dommages infligés aux poumons des patients contaminés serait attribuable à une « hypoxie silencieuse » (faible taux de saturation en oxygène dans le sang avant de présenter de symptômes). Lorsque ceux-ci finissent par consulter un médecin, les dommages aux poumons sont trop avancés et les traitements ne sont plus d’aucune utilité, ce qui pourrait expliquer pourquoi les ventilateurs pulmonaires se sont avérés aussi peu efficaces. Cela soulève une possibilité inattendue, soit celle de contrôler dès que possible le taux de saturation en oxygène dans le sang (les oxymètres de pouls sont peu coûteux et faciles à utiliser) et d’offrir des traitements d’oxygénothérapie aux patients afin de prévenir les dommages aux poumons.

Politiques de santé publique

À l’heure actuelle, les décideurs qui élaborent les politiques de santé publique tentent de balancer les effets à court terme sur la santé de la population et les répercussions à long terme sur l’économie (ainsi que les effets à long terme sur la santé et le bien-être de la population). Il s’agit d’une tâche extrêmement difficile, car les gouvernements doivent composer avec des renseignements incomplets et prendre des décisions qui pourraient avoir des conséquences financières dévastatrices.

Au début de la crise, l’objectif des mesures prises était de circonscrire le virus avant de passer à l’étape suivante, qui consiste à s’y attaquer à proprement parler. Il existe un excellent article, que nous avons déjà mentionné, intitulé The Hammer and the Dance, qui traite de cette question de façon très éloquente. Dans ce contexte, le rôle du « marteau » est d’endiguer le virus, alors que celui de la « danse » est de composer avec lui jusqu’à la mise au point d’un vaccin. De nombreux pays ont mis en place avec succès la première phase, et la seconde est maintenant sur le point de débuter.

Il est important de se rappeler que les efforts visant à « aplatir la courbe » n’ont jamais eu pour but d’éliminer complètement le virus. Nous l’avons fait pour deux raisons principales : 1) afin d’éviter que les systèmes de soins de santé soient complètement débordés (ces efforts ont donné de bons résultats jusqu’à maintenant, sauf par exemple dans le nord de l’Italie et à New York) et (2) afin de gagner du temps pour se préparer à la « danse ».

Ce que nous savons Ce que nous ignorons
La distanciation physique fonctionne. Quelles sont les mesures de déconfinement qui seront couronnées de succès et celles qui échoueront? À partir de maintenant, la progression du virus dépend de la façon dont chaque pays procédera pour lever les restrictions.
La plupart des pays et des systèmes de santé n’étaient pas bien préparés. Si les pratiques en vigueur en ce qui a trait aux tests et au traçage des contacts sont suffisantes pour prévenir d’autres éclosions. Que nous réserve l’avenir? Un essoufflement graduel des cas de contamination, des éclosions de moindre importance plus faciles à gérer, ou encore une importante seconde vague de contamination?
Ce sont les interventions les plus énergétiques qui ont eu réussi le mieux à limiter la propagation du virus. La façon dont les différents pays balanceront la nécessité de protéger la santé des individus (déconfinement progressif) et celle de limiter les répercussions économiques (mesures moins restrictives).

Selon d’éminents épidémiologistes, un déconfinement graduel axé sur la protection des populations à risque et des tests à grande échelle visant à endiguer rapidement les nouvelles éclosions représentent l’approche la plus logique.

Certains pays penchent pour cette approche, bien que nous n’avons toute l’information nécessaire pour la mettre en œuvre judicieusement. Et c’est d’ailleurs ce qui nous inquiète le plus en ce qui a trait aux pays qui ont décidé de lever rapidement leurs mesures de confinement. Tout porte à croire que certains pays se déconfineront trop rapidement, ce qui entraînera de nouvelles éclosions, et d’autres pays prendront le chemin inverse et infligeront des dommages inutiles à leur économie. Mais seul l’avenir nous dira ce qu’il en est vraiment.

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Date de publication : 11 mai 2020